« Je n’exagère pas en disant que c’était pour moi une épreuve !
Si j’ai navigué depuis mes huit ans d’abord sur optimist, dériveur puis catamarans… c’était jusqu’ici de manière très ludique !
Là c’est différent.


Je termine le 13 février la première transatlantique de ma vie avec Sylvain – à la voile bien sûr.
J’apprends par ma sœur, envieuse de soleil, que Marc recherche des équipiers pour participer à la plus belle course des Caraïbes à la voile : La RORC Caribbean600. 600 miles nautiques de course en équipage autour des îles des caraïbes au départ de l’île d’Antigua. C’est tentant !
A peine le temps de débarquer que l’on embarque à nouveau. Nous passons avec Sylvain en deux jours d’une goélette de 95 ans, 45 mètres de long, (TIMBERCOAST) à un voilier conçu pour la vitesse, un Class40 de 12 mètres, nommé Esprit Scout alias zed 4.

Nous rejoignons Marc le skipper et Dom Rivard qui a l’expérience de cette même course en class 40.
C’est une occasion en or… on fonce, on se reposera plus tard.

Nous rejoignons le port de départ de nuit, English Harbour à Antigua.

Des bateaux partout, des yachts de luxe, des mastodontes de course prêt à battre des records mélangés à des voiliers de croisière adaptés pour l’occasion.
Antigua est littéralement illuminée sous les feux des projecteurs.
On se retrouve propulsé dans le monde de ceux qu’on appelle  » les régateux »
Chaque équipe est assortie : polo short chaussures et même parfois les chaussettes !
Je me sens chanceuse de pouvoir participer à cet événement. C’est plaisant d’être parmi les invités de luxe.

La régate :
Yiiihaaa! allez c’est parti !
35 noeuds d’emblée.
Des bateaux partout autour
On en prend plein les yeux.
On prend aussi … 2 ris dans la GV et la trinquette comme voile d’avant. Ça souffle bien dehors.
On fait un très bon départ au près tout proche de la bouée au vent.
Ca pulse ! On est gité comme jamais.
Le rambler 88 allemand passe à côté de nous mais toutes voiles dehors, à peine gîté sûrement grâce à sa quille pendulaire et la dizaine d’équipiers à la contre-gîte.
Nous sommes 4.
Le bateau tape. On va vite. Je voltige à chaque vague.
Dans la première heure de course déjà des bleus apparaissent sur mes jambes. Aïe aïe aïe !
C’est à la fois stressant et excitant. On est pris au jeu.
On gardera cette puissance de vent pendant presque toute la régate.
Ça secoue.
Aller à l’intérieur est difficile. Je préfère l’air frais quitte à être trempée ! Des vagues déferlent carrément sur le pont maintenant.
C’est impressionnant.
Je pense qu’on est incliné à 45 degrés, l’écume poussée par notre étrave défile le long de la coque.»

(…)

« Il est difficile de résumer le cœur de ces 4 jours de course tellement ils étaient intenses. On dort très peu ou micro-sieste entre deux vagues. On mange très peu. Le voilier vient escalader le mur d’eau pour s’abattre dans un grand fracas qui le fait vibrer de la quille à la tête de mât, nous faisant décoller de la bannette. On barre sans pilote pour avoir une route fluide, sans perdre de vitesse lorsque le bateau frappe la houle de face, et surfer toutes les vagues de dos. Nous réglons le gréement dès que le vent faiblit. Objectif du skipper : “tirer le maximum du bateau”. L’équipe fait de son mieux, donne son maximum aussi, ce qui nous permet même de gagner plusieurs places sur la remontée depuis la Guadeloupe.

Partis 6ème sur le premier bord, nous avons perdu des places au fil des jours jusqu’au passage sous le vent de la Souffrière. Au lieu des 30 minutes envisagées, nous avons « flotté » à l’arrêt pendant 2 heures, parmi d’autres tout autant stoppés tandis que d’autres plus au large ont récupéré le vent.

Grâce à la ténacité de l’équipage nous avons poursuivi les derniers bords de la course. Hélas à 20 miles de la ligne d’arrivée on casse. On fait désormais partie des 52% qui ont du arrêter la RORC 600.

Peut-être avons nous voulu trop ‘tirer le maximum du bateau’…

Ce que nous retiendrons :

C’est une immense joie remplie d’adrénaline qui nous enivre à nous prendre pour des oiseaux quand le bateau paraît voler au dessus de l’eau.
C’est que nous avons atteint jusqu’à 19 noeuds de nuit, sous spinnaker, durant un surf.

Qu’est ce que vous avez retenu de la course ?

C’est la gentillesse de Marc, sa tolérance et ses petits plats par tous temps mais surtout ses patates sautées réconfortantes après la casse ! Mais aussi un esprit d’équipe immense car tout comme le nom du bateau, nous sommes restés solidaires dans l’épreuve.

Es ce que l’on est prêt à faire une nouvelle régate ?

Bien sûr, c’est comme une drogue, maintenant que l’on y a goûté on veut plus… et surtout passer la ligne d’arrivée… “

Margaux & Sylvain

 

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