Expérience à bord d’Esprit scout avec Christophe LeuxAlice Delarbre
« Saint-Martin : un mois déjà !

Je fais partie de ces personnes pour qui la passion de la voile s’exprime depuis l’enfance par une tapisserie de chambre, les ponton de départs de routes du Rhum, puis, en grandissant, les récits de courses au large et les chapiteaux des Sables d’Olonne les veilles de départ de Vendée-Globe…
En dehors de cela quelques expériences en dériveur et parfois en habitable à taquiner le plaisir de la navigation mais sans jamais mesurer toute l’étendue de la passion.
Avec ce peu de bagage l’opportunité se présente et la question ne se pose pas franchir le pas du rêve de l’enfance ou pas.
Esprit scout c’est l’opportunité de passer des images, celles du spectateur, à la réalité du figurant, celui assis à côté de du capitaine au long cours.

Pour ce qui me concerne, et me semble-t-il, comme pour d’autres équipages, cette décision s’est prise au pied levé… après deux rencontres et un coup de fil, je suis arrivé à Point-à-Pitre un vendredi après-midi.
Suite à la casse d’une manille, Marc et son équipage venaient d’abandonner dans la RORC Caribbean 600 Race.

A la sortie de l’aéroport, Marc : « tu peux passer à la marina récupérer l’écran d’ordinateur et me rejoindre au mouillage à Rivière Sens ? » l’esprit scout était là ! 2 heures plus tard, à bord d’Esprit Scout Marc me racontait sa mini transat de 2013 !

Le lendemain convoyage sur Antigua où nous devions ramener la balise de la course qui venait de s’achever. Un moment magique dans le dévent de la Guadeloupe : 25 nœud de vent, 8 nœud de vitesse et Marc me dit « je vais faire la sieste ». Je me retrouve à la barre de ce magnifique bateau. Certains enfants rêves de rouler en Ferrari, moi j’étais à la barre d’un class 40. De ces bateaux dont on fait des aventures de course large.

Antigua-Saint-Martin, Alice e Aladin nous ont rejoint. Une navigation de nuit : une première ! Marc : les voiles sont réglées, le pilote est engagé, tu fais comme tu veux, tu ajustes, tu prends la barre… J’ai coupé le pilote automatique et je me suis retrouvé au milieu des étoiles avec la lune comme réverbère, 3 heures de plénitude…

Et puis la St. Maarten Heineken Regatta . Arrivée dans un décor de fin du monde suite à l’ouragan. Malaise… En 48 heures, Simpson Baye va reprendre des couleurs malgré les stigmates de bateaux coulés ou échoués au milieu d’équipages venus de tous horizons dans une chaleur et une convivialité qui vous ré innervent. Un jour d’entraînement : virer, empanner, essayer, rater, recommencer, toujours avec cette pédagogie du droit à l’erreur… mais il ne faut pas trop pousser quand même ! Une semaine sous 30 degrés le soleil, une mer turquoise. Nous avons concouru pour le farniente et le plaisir, nous sommes arrivés avec une place de 3ème et le sourire en banane.

Blague ou imposture ? Comment finir 3ème de la Class Ocean Racing, qui ne comprenait que 6 bateaux, certes, mais avec davantage d’équipiers plus aguerris, en ayant compris l’organisation des départs et des parcours le dernier jour ??? La réponse : l’intuition et le sens tactique de Marc, bref, le french flair.

Le 1er jour vous franchissez la ligne d’arrivée, en espérant que ce soit elle, sur un « bord breton », en Anglais, dans le texte « shoot the mark », ça ne s’invente pas.
Le second, arrivée sous spi, pour une seconde place dans un lofing match !
Et le dernier…vous arrivez à la remise des prix pour « découvrir » qu’après une place de 4ème dans la régate du jour vous finissez classés 3ème avec les congratulations… d’une responsable du scoutisme irlandais qui concourait aussi.
Au milieu des diverses rencontres, la fascination qu’exerce ce bateau, l’enthousiasme du projet, …

Et puis l’expérience, l’aventure, le sentiment d’être parti loin pour aller chercher ses rêves, au risque des rencontres et de l’inconnu.

Merci à Marc, à Alice, de les avoir partagées avec moi.

Merci à Mathieu Tantot, à Marianne… de m’en avoir convaincu.  »

Christophe

 

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